Le Duc de Persigny, un personnage méconnu du Roannais au coeur de l'Histoire de France

25/02/2018

 

Jean-Gilbert Victor Fialin, duc de Persigny est né le 11 janvier 1808 à Saint-Germain-Lespinasse. Il est le fils d'Antoine Fialin (1777-1810), receveur des finances et d'Anne Girard de Charbonnières (1771-1843).

 

 

Le jeune Jean-Gilbert, orphelin de père, est élevé par son oncle maternel Claude Girard de Charbonnières monarchiste convaincu. Il obtient une bourse et entre au collège royal de Limoges. Il fait le choix d'une carrière militaire, est admis à l'École royale de cavalerie de Saumur, le 25 juillet 1826, et au bout de deux années sort major de promotion.

 

Il prit part, au mouvement insurrectionnel de juillet 1830 à Vannes où ils arborent le drapeau tricolore. Le rôle joué par son régiment en soutenant la révolution de Juillet fut regardé comme de l'insubordination. Jean-Gilbert Victor Fialin ne peut rester dans l'armée, il est mis en congé de réforme puis en congé définitif le 4 octobre 1831.

 

Jean-Gilbert Victor Fialin décide de « monter à Paris » et de se lancer dans le journalisme. Il collabore à plusieurs journaux dont Le Courrier français et Le Spectateur Militaire. Il décide à cette époque de se présenter sous le nom de vicomte de Persigny, du nom d’une terre noble située qu’avait possédé son grand-père près de Cremeaux, et titre que ses ancêtres auraient selon lui porté autrefois. À cette même époque il se convertit au bonapartisme, notamment après la lecture du Mémorial de Sainte-Hélène.

 

En 1835, il fait la rencontre de Louis Napoléon Bonaparte, futur président de la seconde république et futur Napoléon III. Il participe aux deux tentatives de coup d’état de ce dernier, à Strasbourg en 1836, et à Boulogne en 1840. Mais dans les deux cas ce sont des échecs cuisants.

 

 

En 1848, il dirige la campagne qui amène l’élection à la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte. Infatigable, il reconstitue ses réseaux, finance des journaux et sillonne la France, n’ayant de cesse que la nouvelle de la candidature de celui à qui il a voué sa vie soit connue dans le plus reculé des hameaux. Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est ainsi élu premier président de la République française au suffrage universel masculin avec près de 75 % des voix.

 

Il est élu représentant le 13 mai 1849 à l'Assemblée législative par deux départements : la Loire qui l'élit septième sur neuf, et le Nord qui l'élit sixième sur vingt-quatre. Il opta pour le Nord et fut remplacé dans la Loire. La même année, il est ambassadeur en Allemagne pendant un an. Il commence à organiser, à l’Assemblée législative, un parti bonapartiste, parti du président.  Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il est à la tête du 42e régiment de ligne où il est chargé avec le colonel Espinasse de la prise du Palais Bourbon par la troupe, ce qui ouvre les portes du pouvoir à Louis-Napoléon Bonaparte.

 

 

Le nouveau régime dans lequel il s’apprête à jouer un rôle éminent se met en place. Le 22 janvier 1852, il est nommé ministre de l’Intérieur, poste qu'il conserve jusqu’en avril 1854. La légende dit que Victor de Persigny demande aux préfets de faire crier « Vive l'Empereur » au lieu de « Vive le Président » lors des visites officielles de Louis-Napoléon Bonaparte. Il occupe aussi les fonctions de ministre du Commerce et de l'Agriculture de janvier 1852 à juin 1853. Puis il sera ambassadeur à Londres de 1855 à 1858 et de 1859 à 1860. Il est rappelé au ministère de l'intérieur de 1860 à 1863. Il y contrôle la presse et décide de la ligne des journaux officieux du régime comme Le Constitutionnel ou Le Pays. C'est Victor de Persigny qui trouvera les moyens pour financer les travaux haussmanniens à Paris.

 

Il épouse le 27 mai 1852 à Paris, Eglé Ney de La Moskowa (1832-1890), petite-fille du Maréchal Ney de vingt-quatre ans sa cadette. Très actif au gouvernement son caractère autoritaire lui dresse une rivale de poids, l'impératrice Eugénie. Elle le déteste car il avait désapprouvé son choix comme impératrice.

 

Victor de Persigny fut également président de la Société de géographie de 1862 à 1863. Il est élevé duc de Persigny par décret impérial du 9 septembre 1863. Victor de Persigny reste également très attaché à sa terre natale. Il est conseiller général du canton de Saint Haon le Châtel de 1858 à 1870. Durant cette période il est également président du département de la Loire. A ce titre il applique la politique de modernisation de la France voulue par Napoléon III. C’est en effet sous le second empire que la révolution industrielle s’accélère de façon spectaculaire en France. C’est la grande époque du chemin de fer, de l’industrie métallurgique avec les usines Schneider au Creusot, la création de la compagnie générale transatlantique, le thermalisme (Vichy ou Saint Alban les eaux), la modernisation de l’agriculture, et l’âge d’or de la France rurale. C’est également sous le seconde empire que Napoléon III influencé par la doctrine de Saint Simon, créé le premier système de retraite par répartition pour les fonctionnaires (1853), les premières mutuelles, rétablit le droit de grève (1864), la liberté de la presse (1867). Entre 1860 et 1870 l’assemblée nationale et le sénat retrouve un rôle politique, et les français choisissent leurs conseillers municipaux, généraux et députés au suffrage universel masculin. Le second empire est également une période riche pour la peinture (mouvement impressionniste), la musique (Berlioz) et la littérature (Flaubert, Georges Sand, Prosper Mérimée …), le théâtre et l’Opéra (Construction de l’opéra Garnier). A son apogée le second empire est donc proche des monarchies parlementaires. On surnomme d’ailleurs la période 1860-1870 « L’Empire libéral ». 

 

 

Le percement du canal du Forez, la création de la Société historique et archéologique du Forez (La Diana), la mise en place d’un fonds de secours pour les victimes des débordements de la Loire, la poursuite de l’essor industriel du département, le transfert de la préfecture de Montbrison à Saint-Étienne sont autant d’actes à mettre au crédit du Duc de Persigny. En 1862, il convainc le maire de Roanne Charles Bouiller de faire construire un nouvel hôtel de ville, Édouard Corroyer réalise le projet, il s'achève en 1874. Il préside en 1864 à Roanne, l’inauguration de l’église Notre-Dame-des-Victoires et fait obtenir à cette ville une chambre de commerce. Il est aussi à l’origine de l’obtention par la ville de la croix de la Légion d’honneur. Jean-Gilbert Victor Fialin de Persigny permet en outre à la ville de Roanne de récupérer, par décret, les archives du duché de Roannais. Persigny contribue également à la création de la commune de Saint Alban les eaux avec Claude-Marie Moncigny (1866). Il est également sénateur de 1852 à 1870.

 

Mais en Août 1870, Napoléon III perd la guerre contre la Prusse et est fait prisonnier à Sedan le 4 septembre 1870. Le même jour la III République est proclamé par Léon Gambetta. Victor de Persigny se retire des affaires politiques et meurt dans la solitude à Nice le 12 Janvier 1872. Il est inhumé au cimetière de Saint Germain Lespinasse le 12 Août de la même année.

 

Son tombeau au cimetière de Saint-Germain-Lespinasse ayant été gravement endommagé par la tempête de 1999, a été reconstruit à l'identique grâce une subvention exceptionnelle émanant du Conseil général de la Loire et du ministre de l'Intérieur.

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