France des villes contre France des champs : les grandes inégalités  - billet d’humeur d’Antoine Vermorel et de Florian Matray

30/08/2017

 

 

 

 

 

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’ouverture des marchés et l’abaissement des frontières (qu’on les conteste ou qu’on les approuve !) ont profondément changé nos équilibres territoriaux. Entre la France des métropoles et celle des villes et des villages de taille plus ou moins grande, une véritable fracture s’est ouverte. Entre délaissement et investissement, les actes vacillent.

 

Ainsi, les métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, etc) concentrent l’essentiel de la création de richesse. Entre 2000 et 2010, 75% de la croissance française s’est réalisée dans les quinze plus grandes villes de France. Le taux d’emploi en a été modifié : entre 2007 et 2012,

- toutes les communes ayant moins de 100 000 habitants ont perdu ou n’ont pas gagné d’emploi ;

- toutes les communes ayant plus de 100 000 habitants ont créé des emplois.

 

Cette situation génère des déséquilibres que nous constatons tous les jours : fermeture des services publics, hausse du chômage, manque de médecins, bourgs sans commerces, absence de déploiement des nouvelles technologiques comme la téléphonie mobile, etc. Rappelons que notre association se bat pour mettre un terme aux zones dites blanches et grises.

 

Alors que les grandes villes prônent une société ouverte, mixte, égalitaire, libre, la réalité est tout autre : la société mondialisée crée des espaces exclus des créations de richesse. Nous partageons le constat du géographe Christophe Guilly : « le grégarisme social, le séparatisme, l’évitement et la captation des richesses et des biens n’ont jamais été si puissants » !

 

Prenons l’exemple de l’accès aux études. Le constat est désormais sans appel : un jeune de banlieue a plus de chances de réussir qu’un jeune de campagne. La proximité avec Paris lui permet ainsi de bénéficier du réseau de transport (le RER) et des universités prestigieuses de la capitale. Un jeune issu du monde rural doit pouvoir s’appuyer sur ses parents pour payer le train, le loyer, et les besoins de la vie quotidienne !

 

Ainsi, d’après la note d’analyse n°36 de France stratégie, les différences d’ascension sociale des individus d’origine populaire varient du simple au double selon leur département de naissance : il vaut mieux vivre en banlieue parisienne que dans une campagne un peu isolée. Au Royaume-Uni, l’ancien ministre des Universités et de la Science, David Willets, avait souhaité mettre en place une politique de discrimination positive en direction des jeunes blancs de la « classe moyenne » dont le taux d’accès à l’université était inférieur à celui des enfants d’immigrés…

 

Conscients de ses inégalités entre les territoires, nous devons engager un profond processus de « réunification » de notre pays. L’égalité doit redevenir au cœur de nos politiques publiques. Mais au-delà de ces exigences, il est nécessaire de renouveler notre mode de vie afin de trouver un modèle de développement qui nous est propre : nous ne pourrons pas vivre éternellement avec les subventions des grandes villes de France ! La réussite des circuits-courts, notre attachement territorial, notre réinvestissement sur le « village » par les fêtes patronales par exemple sont autant de valeurs qui nous rendent plus solidaires et qui renouvellent notre mode de vie. Tout espoir n’est pas perdu !

 

N’oublions pas que la ruralité reste et demeurera l’or de nos traditions et de leurs richesses.

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Please reload

ARCHIVES

© 2017 - Association "Villages et Terres d'Avenir" - Tous droits réservés, y compris pour les photos.

RSS Feed