Billet d’humeur - Nouvelle année : peut on encore se souhaiter « bonne santé » en l’absence de médecin ?

30/01/2017

 

 

La situation en matière de santé est paradoxale : alors que le nombre de médecins n’a jamais été aussi élevé (198 365 médecins en 2015 contre 100 000 en 1980), il est de plus en plus difficile de consulter un généraliste.

 

Le problème n'est pas celui du nombre de médecins mais celui de leur répartition sur le territoire. Ainsi, comme le montre la carte issue des chiffres de l’INSEE, la Loire n’est pas un département délaissé en terme médical. Au contraire, d’après l’institut national de la statistique, le département connait une « densité forte de médecins » !


Mais tout comme au niveau national, la répartition des praticiens est très inégale. Dans notre canton, la situation est particulièrement sinistrée avec seulement 19 médecins pour 36 communes. Par ailleurs, ces derniers sont souvent assez âgés ce qui conduit à s’interroger sur la question du renouvellement des générations médicales pour les prochaines années.

 

Si l’on ne fait rien, la situation va s’empirer. Le vieillissement de la population, la baisse du nombre de médecins et le manque d’attractivité de la ruralité vont multiplier les difficultés.


A cela s’ajoute une abrasion administrative : 7% du temps de travail d’un médecin français est absorbé par des tâches administratives. C’est une véritable usure du temps de travail des médecins. C’est une véritable hémorragie médicale. Des patients sans médecins, des délais d'attente de plusieurs jours pour une simple consultation, des services d'urgence débordés : voilà notre quotidien.

 

Face à cette situation, que faire ?
Des solutions existent…

  1. Favoriser la construction de maisons de santé sur notre canton

-      Ouverture en 2016 de la Maison de Santé Pluridisciplinaire du Pays d’Urfé (Saint Just en Chevalet)

-      Ouverture en 2017 de la Maison de Santé Pluriprofessionnelle Asclépia (Saint Germain Lespinasse)

-      Construction actuelle de la Maison médicale d'Ambierle

Cela permet aux médecins de travailler en exercice coordonné tout en conservant leur statut de praticien libéral. Ce mode d’exercice favorise les échanges et la coordination entre les différents professionnels de santé pour une meilleure prise en charge médicale des patients.

 

2.Aider financièrement les médecins (centres de santé).

Si cela n’est pas suffisant, les communes peuvent financer directement des structures médicales (versement d'une prime d'installation ou d’une prime d'exercice forfaitaire). En contrepartie de ces aides, les médecins doivent s'engager à rester dans la commune pendant trois ans (loi de 2005).

 

3. Accueillir des jeunes dans notre territoire

Une mesure également très efficace consisterait à inciter les étudiants en fin de cursus à effectuer des stages dans un cabinet médical de notre canton. D’autres territoires proposent des allocations de transport ou de logement aux étudiants en médecine désireux de faire un stage dans leur commune. De même, de plus en plus de maison de santé s'équipent en logements pour l'accueil des stagiaires. Actuellement, les enquêtes montrent que 55 % des internes de médecine générale souhaitent exercer d'abord en tant que remplaçants parce qu'ils se sentent insuffisamment préparés pour une installation directe.

 

Faire en sorte que l’étudiant, futur médecin, vienne faire son stage chez nous et qu’il s’y sente bien est une piste de réflexion. La Saône et Loire l’a d’ailleurs mis en place!

 

Bien évidemment, on n’inversera pas la situation du jour au lendemain. Mais la richesse de notre canton et surtout le fait qu’on y vive bien est une force sans égale. Nous devons, comme nous avons su le faire sur d’autres sujets, nous remonter les manches et prendre le problème à bras le corps pour le résoudre !

 

Antoine Vermorel et Christophe Loppin

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