Pas de réseau, pas de boulot et pas de Pokémon Go non plus

30/08/2016

 

Dans certaines zones du Roannais, nous sommes tous confrontés à l’absence de réseau pour nos téléphones portables que ce soit à la maison, au travail ou lors de nos déplacements. Cette situation conduit à amplifier parfois l’isolement des zones concernées, déjà touchées par la désertification et par les difficultés.

 

Ironie de l’histoire, le gouvernement considère que dans le département de la Loire seule la commune de Roche en Forez est en zone blanche…bien loin de notre réalité quotidienne.

 

Un mouvement national transpartisan, La France Hors Service, a été lancé cet été pour alerter le ministre en charge des télécommunications.

 

Nous vous invitons à lire et à signer la pétition sur www.LaFranceHS.fr

 

Notre président, Antoine Vermorel, représente le Roannais au sein de ce mouvement.

 

D’une façon générale, dans notre canton de Renaison, l’absence de réseau concerne des zones rurales peu peuplées ou des enclaves géographiques où les habitants ont l’impression d’être des sous-citoyens. Les pouvoirs publics semblent vouloir améliorer la couverture mais l’action tarde à venir et les élus locaux concernés ont du mal à trouver les informations nécessaires au déploiement d’antennes téléphoniques. C’est un immense sentiment d’injustice qui naît de jour en jour.

 

Aujourd’hui, la téléphonie mobile est omniprésente dans notre société. Si elle est réduite bien souvent d’une façon caricaturale au mode de vie d’une jeunesse qui vit le smartphone collé à l’oreille elle est un outil pour de nombreux professionnels et services qui sont pénalisés, retardés ou même bloqués quand ils ne captent pas.

 

La défaillance du réseau complique l’action des secours et des médecins.

 

Alerter les secours sur une route de campagne impose une perte de temps pour les témoins qui doivent trouver un moyen d’appel fixe ou récupérer quelques barres sur leur téléphone. Les services de secours comme les pompiers constatent parfois de mauvaises pratiques de la part des requérants qui après l’appel n’attendent plus sur place quand l’adresse n’est pas précise, avec le manque de réseau, il est difficile d’obtenir des renseignements supplémentaires ou même de communiquer avec leurs services comme le Samu.

 

Il en est de même pour les médecins et les infirmiers qui dans leurs déplacements à domicile éprouvent des difficultés pour gérer les dossiers, répondre aux urgences ou tout simplement pour s’organiser. L’option salvatrice est de choisir l’opérateur qui est le moins défaillant selon les zones. La concurrence commerciale entre les fournisseurs est réduite à peau de chagrin quand le choix est déterminé d’avance par la seule qualité du réseau.

Un autre cas particulier est représentatif du coût et de la charge pour la collectivité : la téléassistance. De nombreuses personnes âgées sont équipées d’une téléalarme. Lorsque celle-ci est déclenchée, le centre de gestion contacte un parent ou un voisin sur son portable pour porter assistance. Quand les référents ne sont pas joignables, dans le doute, les secours sont envoyés sur place. On mobilise une ambulance alors que dans bien des cas, l’appel avait été donné involontairement par la personne dans son sommeil.

 

Un frein au développement pour les entreprises, une gêne pour les clients

 

Un territoire rural ne peut pas être en harmonie avec le reste du pays s’il n’a pas accès à la téléphonie mobile et aux différentes fonctionnalités et applications.

 

Les exemples ne manquent pas dans notre entourage. Le téléphone portable permet à un charpentier de répondre aux appels de ses clients mais aussi de rester en lien avec ses employés ou ses fournisseurs. Il permet au livreur de messagerie de trouver la bonne maison et aux touristes de passage, de trouver un hébergement ou réserver une table dans un restaurant. La téléphonie est partout y compris dans l’agriculture pour la surveillance des cheptels et les travaux agricoles.

 

Nous ne sommes plus au temps où les relations téléphoniques s’entretenaient durant les repas et tous les villageois se connaissaient pour indiquer correctement une adresse.

Notre capacité d’attirer des forces vives sur le plan économique est remise en question. Comment à l’heure ou la réactivité est directement liée aux réseaux de communication, pouvons nous attirer des entreprises, des travailleurs en free-lance, des cadres s’ils ne peuvent pas garder un lien avec l’extérieur ?

 

Un mauvais réseau est un handicap pour le développement de notre territoire et de notre canton. Malgré le charme, la qualité de vie et les opportunités immobilières que la campagne peut offrir, les investisseurs peuvent décider de ne pas venir ou de partir en raison des complications qu’entraîne le manque de réseau sur leur vie professionnelle.

 

Développer la ruralité doit commencer par permettre l’accès aux modes de communication d’aujourd’hui. D’autant que dans ces zones, les entreprises doivent miser sur ces nouveaux outils pour diversifier leur clientèle et trouver de nouveaux marchés.

Sur le plan touristique, les nombreuses applications et les sites internet locaux devraient être un atout mais sans réseau, on passe à côté de bonnes adresses et de lieux remarquables. C’est une double peine pour les entreprises qui sont déjà pénalisées par les réglementations qui limitent les panneaux d’affichages posés en bordure de voirie.

 

Mais le premier pénalisé reste le simple utilisateur qui pour ses achats, son travail et sa vie courante, ne peut pas bénéficier des mêmes possibilités et des mêmes avantages.

Nous rencontrons dans notre région des personnes qui ne sont pas favorables à l’élargissement du réseau téléphonique pour des raisons sociétales et sanitaires en raison des ondes qui sont générées par les antennes et les portables.

 

Vivre avec ou sans portable doit être un choix personnel. Celui qui considère qu’il peut s’en passer dans son quotidien en a parfaitement le droit et ses arguments méritent parfois notre attention. Les études le démontrent, quand le réseau est faible, l’exposition aux ondes est plus forte. Un meilleur maillage doit certainement améliorer nos conditions d’utilisation.

 

Pokémon Go le révélateur !

 

L’application ultra médiatisée fait le bonheur de notre jeunesse et même des moins jeunes. Elle invite à attraper des personnages grâce à son téléphone et met en lumière deux facteurs de la situation en zone rurale. Le premier est lié au fonctionnement du jeu lui-même. Les petits monstres sont bien moins nombreux en campagne qu’en ville. Ils ne sont pas distribués de façon égalitaire sur le territoire. Une première ligne de fracture. Mais quand il n’y a pas de réseau c’est encore plus énervant pour nos adolescents qui se sentent différents de leurs contemporains. Une situation qui ne sera pas sans ravir les parents, toujours méfiants de ces nouvelles technologies et de leurs emprises sur la vie de nos jeunes mais qui reste cependant révélatrice de notre déclassement.

 

Il faut agir et mobiliser les pouvoirs publics sur ce dossier. Nous avons constaté avec des amis des quatre coins de la France que ce problème était général.

 

C’est pourquoi notre association Terres et Villages d’Avenir s’engage dans un premier temps à lancer une enquête citoyenne afin d’obtenir une carte réelle de la situation sur le terrain. Celle-ci est disponible sur www.LaFranceHS.fr.

 

A partir de ces renseignements, nous pourrons en tant que citoyen, démontrer les défaillances et faire en sorte que les engagements pris soient tenus par les responsables.

 

En quelques clics, il est possible de faire entendre la voix de notre territoire : signez la pétition nationale à l’attention du ministre des télécommunications sur www.laFranceHS.fr"

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Please reload

ARCHIVES

© 2017 - Association "Villages et Terres d'Avenir" - Tous droits réservés, y compris pour les photos.

RSS Feed